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Des Bornes et des Bosses- Post 7 – Trail du Marensin: Serein et rassuré

Published by Yaël L. (FRA 033) in the blog Yaël L. (FRA 033). Views: 484

Le Trail du Marensin ça se passe dans les Landes du côté de Vielle Saint-Girons et c’était ce week-end du 23 et 24 mars 2013.
Voila plusieurs mois que je me suis inscrit sur ce trail pour 2 raisons : je l’ai faite en 2011 et j’en garde un formidable souvenir ; cette course rentre dans mon plan d’entrainement de la saison. Au départ je voulais exploiter ce trail pour tester une course dans le sable chargé avec 6kg sur le dos en vue de la Trans’Aq du mois de mai.
Depuis quelques semaines la donne a changée, en mai c’est de la montagne que je vais grimper. Les objectifs ont changés mais pas la course, elle me servira alors pour tester ma forme dans ma période d’entrainement. Je pars donc au Marensin en état de fatigue avancé, à vide, avec un objectif de temps de 4h30 et un classement dans les 30 premiers.

Le Marensin présente une configuration assez spécifique que je n’ai retrouvée sur aucun autre trail : c’est une course en 2 étapes de 15km en semi-nocturne et 30km jour, avec une période de repos assez courte, un sol sableux qui accroche aux pattes, une topo faible mais cassante, des départs très rapides et un rythme élevé. Une course parfaite pour ceux qui viennent de la route et veulent s’essayer au trail mais difficile pour mon profil qui est maintenant plus accès montagne. Je n’ai pas fait ce type de course depuis plus d’un an.

Samedi 24 mars, je prends la route en direction des Landes relaché. J’affectionne particulièrement ce département probablement parce que je m’y sens au calme et c’est un environnement de mon enfance qui me rassure (j’accompagnais mon grand père chasser la palombe quand j’étais enfant).
Le village et l’accueil de l’organisation à Saint Girons sont justement à cette image, pas d’agitation, peu de bruit, chacun vient retirer tranquillement son dossard alors que le soleil commence à baisser. La température est clémente, peu de vent, un ciel dégagé, bref les conditions idéales pour ce faire plaisir.

19h15 le départ est donné sur la plage. Direction la plage ou nous parcourons 500m dans le sable fin. De mon expérience de 2011 j’ai retiré des enseignements et notamment celui de gérer sont cardio sur ce sol mou. J’adopte ma stratégie « sable », c'est-à-dire foulée courte, petits pas peu appuyés et souffle court. Cela fonctionne et m’évite de faire des zig zag pour chercher le sable mouillé, j’en profite pour remonter vers les 30 premiers.

Une fois dans la forêt je passe les 5-6 premiers kilomètres à trouver le bon rythme et à baisser le cœur après un départ canon. Les esprits s’échauffent, ça va très vite dans les rangs tout le monde veux doubler tout le monde, j’ai l’impression d’être dans un 10km ; c’est d’ailleurs peut être pour à que je n’en fait plus. Mais faut se rendre à l’évidence quand on commence à rentrer dans les 20 premiers on est dans l’esprit compet. Je ne suis pas habitué à ça, je ne m’en préoccupe pas et suis mon rythme. Je reste très concentré sur mon souffle, ma régularité et évite de me faire trop casser le rythme par les « tucs » ; ces fameuses buttes de sable de la région qui forment une grosse bosse entrainant un très court dénivelé bien raide. En général ça explose le cœur et casse les jambes.

Mais déjà la nuit fait son apparition ce qui amène son lot de problèmes : ma frontale, pour des questions d’économie, adapte son flux lumineux à l’éclairage ambiant. Parfait quand on est seul, plus compliqué quand on est en semi-nocturne derrière un autre coureur. Le flux à pratiquement tendance à se couper ce qui m’empêche de voir clairement le relief. La difficulté de ce terrain c’est que ca va très vite mais qu’il y a énormément de racines, branches, trous et autres amas de sable ; la vigilance est constante et je garde les yeux sur les talons de mon prédécesseur.
L’autre difficulté ce sont mes chaussures. J’ai fais le choix de partir en chaussures routes pour éviter de m’enfoncer et de m’épuiser inutilement. Stratégie qui fonctionne bien sur la plage, pour l’intérieur des terres faudra revenir, ça glisse et le pied n’est pas du tout stabilisé sur les appuis latéraux. La solution : abaisser le centre de gravité, la difficulté : ça brule les cuisses !!

Vers le 10eme km, une fois la nuit tombée je me sens bien et le rythme devant à un peu baissé les foufou du départ le paye sec. J’en profite pour envoyer des relances décisives dans les montées courtes des tucs et remonter des places. La puissance c’est mon point fort j’en profite. En descente et sur le plat je prends tous les risques pour limiter l’écart.
La fin du parcours est une véritable montagne russe de montée, descentes et devers au milieu de cette foret de Pins qui de nuit prend une dimension fantomatique.
On me double, je redouble, je relance à chaque foulée. Je m’éclate littéralement, la prise de risque est maximale. Je prends le risque de me blesser à chaque foulée, de me prendre un arbre ou de m’ouvrir la cuisse avec une branche qui traverse.

A 2km de l’arrivée les descentes se font à plus de 14km/h, on entend le son des bandas qui raisonne et dans peu de temps ce sont les lumières de Saint Girons que j’aperçois à travers les rangées de Pin.
Encore un dernier effort sur les 600 derniers mètres qui se passent sur route. Le changement de terrain augmente ma vitesse à plus de 16km/h je reviens sur 2 concurrents mais déjà la ligne d’arrivée est là. Il est moins de 21h, je termine 16éme en 1h22min.

Dimanche 25 mars, après une bonne nuit de sommeil les jambes se réveillent sans douleurs. Le brouillard à envahi tout le village et tous les pins alentours, c’est magnifique. Un petit dej au calme avant de me préparer et retrouver Laure sur la ligne de départ ; on bavarde un peu avant le briefing de 9h. La journée va être magnifique mais pour le moment il fait frais : gants pas gants ? Finalement pas gants ça va me gêner.

Le départ est donné, ma stratégie est de partir très vite car je sais que derrière le long mono-trace va provoquer des bouchons et je pourrais récupérer. Vite le mot est faible les 500m premiers mètres avant de renter dans la foret se font à plus de 15km/h, je suis dans le peloton des 20 premiers. Derrière suit un enchainement de tucs comme le veille mais déjà vers le 5ème kilomètres certains accusent le coup. Je trouve un groupe qui va me porter jusqu’au 8ème km mais à partir de là le lièvre baisse de rythme ce qui à tendance à fausser tout le monde. J’en profite pour m’échapper et tourner à mon rythme, à certains moments on passe sur ces crêtes de tucs qui donnent une vue plongeante sur les Landes prisent dans le brouillard c’est superbe.
Le soleil se lève et filtre à travers les pins mais la température avec. ApPartir de là je me reconcentre sur mon alimentation et hydratation. Je ne me pose pas trop de questions mais il reste encore les ¾ de la course et je sais qu’a un moment ou a un autre avec le rythme pris au départ ça va flancher.

A l’approche du 12eme je rejoins un coureur qui affiche un beau tee-shirt floqué « Diagonale des Fous 2013 ». Cela impose le respect. Le gars est taillé pour la montagne mais affiche un joli rythme dans le sable je décide de le suivre.
A partir du 15eme on sort de la partie mono-trace en forêt pour parcourir des endroits plus dégagés avec moins de dénivelé et plus de monotonie. Je garde un mauvais souvenir de ce passage en 2011. A ce moment là je me sens en bien meilleur forme qu’il y a 2 ans mais je commence à perdre un peu de lucidité ce qui m’obligera à m’y prendre à deux reprises pour ne pas sortir du balisage. Je baisse un peu le rythme, passe du temps à m’alimenter et à boire. J’en ai pas fini que j’attaque la partie marécageuse de la course. Au début tu évites les flaques, puis les marres de boue, jusqu’à se rendre à l’évidence que ca ne sert à rien car si le parcours passe là c’est que tôt ou tard tu vas y passer !!

Jusqu’au 22ème je subis un peu la course mais je ne suis pas le seul, chacun a à présent adopté son rythme il n’y a plus d’accélération qui tienne, on bascule dans le long.
A l’approche de la forêt je retrouve un peu la patate, les jambes sont fatiguées mais dés que j’attaque une montée je sens qu’elles répondent il y a de la puissance en réserve comme si j’avais 2 couches de quadri, très curieux comme sensation. J’en profite pour remonter sur quelques concurrents qui avaient creusés l’écart sur le plat autour du lac. La température monte encore ce qui ne facilite pas les choses mais la ligne d’arrivée approche.

Pour les quatre derniers kilomètres je branche la musique j’ai besoin d’un petit stimulant pour maintenir le rythme. Je cherche à relancer même si ça ne répond pas aussi bien qu’en début de matinée. Je remonte des concurrents dans des tucs, hurle un peu et remet un coup dans les montées. La fin du parcours semble faire pas mal de dégâts, certains on je pense un peu négligé le ravitaillement Je reste dans le chrono de 3h10 fixé au départ. Alors qu’il me reste 2km au compteur voila que je reconnais l’approche du village, et oui c’est l’arrivée.
Je passe la ligne avec un coureur que j’avais doublé 10min avant mais qui avait profité de ma trace pour relancer. C’est ca l’esprit trail. J’en termine de ces 28km donc en 2h51min soit 30min de moins qu’en 2011.

Au général je termine 16eme au scratch et 9ème de ma catégorie en 4h14min. Après une bière et quelques sandwich au pâté Landais je reprend la route serein, satisfait et regonflé à bloc pour le vrai challenge de fin mai : le GR10.

Yaël – 25 mars 2013
Association DES BORNES ET DES BOSSES


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