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Des Bornes et des Bosses - POST 13 - RECO du GRP 160: les dés sont jetés...

Published by Yaël L. (FRA 033) in the blog Yaël L. (FRA 033). Views: 371

Encore un superbe we en montagne!!
Voilà ce coup ci je crois que c'est réellement la fin, je termine cette reconnaissance du GRP 160 avec de bonnes courbatures mais un bilan bien positif.

Vendredi 26 juillet:
Nous prenons nos quartiers sur la station de ski de Hautacam. Je ne suis jamais venu mais je ne vais pas être déçu, le spectacle est grandiose. Demain Hautacam est mon point de départ pour rallier Luz saint sauveur, un parcours de 57km et 2800D+. Pour l'heure je savoure un coucher de soleil magique sur le Vignemale, il fait 20°C, un léger vent, pas âme qui vive à l'horizon, le dépaysement total.

Samedi 27 juillet:
4h15: ça sonne il fait encore nuit là haut mais quel spectacle, même le plus beau des tableaux ikéa ne donne pas autant de rêve. Dans l'encadrement de la porte du camion toute la vallée est recouverte de nuages, nous sommes au dessus, les étoiles scintillent, et la lune éclaire l'ensemble du spectacle. Excepté peut être dans le désert Jordanien cet hiver je n'ai pas souvenir avoir vécu un pareil moment.

5h02: Je suis prêt, pour une fois aucun problème matériel à déplorer. A la lueur de la frontale je remonte vers le pied de la station de ski de Hautacam pour rejoindre la trace GPS, je jardine un peu car la topo est particulière et puis c'est parti. Le vent est chaud, trop à mon goût mais la descente est roulante, c'est une parfaite mise en jambe.
Jusqu'au village de Villelongue je déroule sur les chemins VTT de la région. Un balisage rose que je pensais être celui du pré-repérage du GRP me fera dévier de ma route avant mon arrivée à Villelongue, résultat: un détour de 3 ou 4km qui m'oblige à passer sur la route.

6h30: Le jour commence à se lever, dans la vallée c'est beaucoup plus sombre, le soleil ne transperce pas les nuages ou pas encore. Je traverse Villelongue puis Soulom et rattrape la trace du GR10 au niveau de Pierrefitte. Là je dois jardiner un peu car je ne connais pas le coin et le bas de la montée n'est pas très clair. A ce rythme là je ne vais pas tarder à faire un potager :))
Je sais que la montée est très longue, les panneaux de randonnée affichent 5h50 jusqu'au Pic du Cabaliros. J'adore ce nom y'a un petit coté Mexicain, chevauchée solitaire!!

8h: Plus de 3h que je suis partie et le soleil commence déjà à se montrer agressif, la journée va être longue et chaude je ne dois pas relâcher la cadence pour ne pas rentrer avec les orages qui sont annoncés en fin d'après midi. Mais je ne veux pas non plus me griller alors je prend mon rythme que j'appelle 'le rythme patrick" du nom de mon compagnon du GR10 en Mai. Un pas devant l'autre en rythme avec les bâtons à allure régulière, je relance légèrement sur les quelques mètres de plat pour garder un rythme course mais dés que ça monte un peu je marche, la gestion de course je n'ai que ça à l'esprit.
Toute cette partie que je suis en train de reconnaitre dans un mois je devrais la faire de nuit dans un état de fatigue beaucoup plus avancé il faut donc que je me projette, que je fasse une approche tronçon par tronçon de cette montée longue de 17km.

8h30: A présent je sors de la forêt pour me retrouver au dessus des 1500m avec mes copines les vaches qui ont déjà un bon appétit. Je me retourne alors et un grand sourire m'envahit, le spectacle est tout simplement magique. Entre les dernières branches de végétation, un soleil chaud et lumineux vient me taper l'épaule et illumine toute une mer de nuages. Je ne vois plus les villages de la vallée, les montagnes ne laissent dépasser que leur sommet, tout ça donne une impression de mer du bout du monde de laquelle émerge des bout d'iles toutes aussi magnifiques les unes que les autres. La montagne dévoile tout le spectacle pour lequel je me suis levé si tôt, un moment unique.

9h30: Un peu plus de 4h30 après mon départ je passe la barre des 2000m. J'ai du mal à déchiffrer l'itinéraire et les repères ne sont pas nombreux d'autant plus que c'est une zone pastorale où les vaches et moutons démontent tout, impossible de discerner un chemin d'un autre. Jusqu'au moment où je m'aperçois que je suis le bon chemin mais 200m en dessous je ne suis pas sur la bonne courbe de niveau coup classique.
Dans ce cas là une seule solution piquer à la verticale. Chose faite, je récupère la trace et là la terre s'écroule sous mon pied droit, la pente est raide, je bascule, pivote et chute de 2m, bâtons d'un côté moi de l'autre. Avant bras et haut du bras tout râpé je repars, rien de grave mas ça met toujours de mauvaise humeur.

10h: Un peu avant 10h j'arrive au somme du Cabaliros, le vent souffle j'en profite pour faire une pose, me couvrir, me nourir et boire. J'ai très soif d'eau fraiche il commence à faire chaud mais à ce moment là je me sens encore trés bien.
En haut je discute 10min avec d'autres traileurs tous venus en reco pour le GRP, des randonneurs se joignent à nous l'ambiance est sympa. Je en traine pas trop et repars à mon rythme dans la descente pour Cauterets, je viens de faire un gros morceau plus de 30km en 5h je suis sur de bonnes bases.

La descente vers Cauterets se passe pour le mieux j'adopte un rythme léger pour ne pas m'exploser les cuisses, petits pas enchainés. Le paysage n'est pas aussi grandiose que de l'autre côté mais le chemin est bien tracé et roulant.

11h30: Il m'aura fallut un peu moins de 1h30 pour descendre. A Cauterets il fait très chaud, je ne le sais pas encore mais je commence à être déshydraté. Je suis à plus d 40km les jambes commence a tirer mais c'est surtout le ventre qui est bizarre, je ne sais pas si j'ai faim, si j'ai soif. Je me pose et fait le plein d'eau fraiche avant de repartir vers le col de Riou. A ce moment là le moral est encore bon.

12h30: 1h que je suis partis de Cauterets et j'avance difficilement, le chemin est simple, peu technique mais je suis en vrac je vais mettre 1h à faire 4km, j'ai très très chaud, j'ai soif mais mon ventre ne veux plus boire. J'ai connu cette situation à zegama il y a 3 semaines alors je m'inquiète, et je m'inquiète surtout pour le GRP, je constate qu'à présent ce n'est plus la fatigue musculaire que j'ai du mal à gérer mais l'alimentation.
Je constate aussi que face à une situation que j'identifie mal j'ai beaucoup de mal à gérer mon stress, mes émotions mon mental.
Je finis par prendre un gel dilué dans l'eau je sens que c'est de ça dont j'avais besoin une boisson sucrée. Je repars et petit à petit je reprend des forces.

13h30: Je parviens à 1944m soit le sommet du Pic de Riou. Dans les derniers mètres je me fait rattraper par 2 bons coureurs que j'avais croisés en haut du Pic du Cabaliros le matin. Ils ont des cuisses, de très grosses cuisses, ils envoient de la pente. Je les suis à une vingtaine de mètre ça me permet de rester dans le rythme.
En haut j’apprends que l'on d'eux a finis dans les 20 premiers en 2012 sur l'ultra du GRP...

Après une courte pause je rebascule sur la station de Luz ardiden. je connais bien cet endroit pour y être venus des dizaines de fois skier plus jeune mais je n'y étais jamais passé en courant.
C'est pas exceptionnel, de toute façon une station de ski en été y'a toujours un truc qui cloche, mais je suis au km 50 et il faut bien rentrer

14h30: J'approche de Sazos la descente est un calvaire non pas physiquement car j'ai des jambes mais en navigation. je ne sais pas si il faut passer dans les prairies, la route, je récupère des tronçons du GR puis les quittent, je ne comprend plus grand chose à moins peut être de manquer sérieusement de lucidité.
La descente est plutôt raide et technique avec du cailloux je ne l'avais pas vu ainsi sur la carte. Je m'inquiète un peu pour le mois prochain à ce stade il sera 4 ou 5h du matin et j'aurais 115km dans les pattes ça va être très très dur.

Je vois Luz en contrebas mais dans le village de Sazos je commets une nouvelle erreur de navigation et repars vers le nord. Pour ne rien arranger je perd la liaison satellite, je sais ou je suis mais je sais aussi que je ne suis pas sur la bonne route et ne veut pas faire demie tour.

15h: Cela m'apprendra je me retrouve à plus de 3km de Luz sur la route de Lourdes. Il passe 200 voitures à la minute j'ai les jambes qui explosent. Manquant de lucidité j’appelle Cassandre pour venir me chercher je ne me sens pas de faire ces longues lignes droites de bitume avec les voitures.

Au final je termine cette reconnaissance de 60km en 10h17 après plus de 3170m de dénivelé. Je reste sur un temps honorable d'autant plus si j'enlève tout le temps perdu à naviger. Il est clair que la matinée ne fût que du bonheur par rapport à l'après midi. je ressort surtout avec un bon enseignement sur le parcours et la gestion. Je sais un peu plus à quoi m'attendre dans 1 mois.

Ce que j'identifie surtout c'est que ca va être long, très long, je n'ai fait que 10h et je vais probablement en passer 40h. La montée du Cabaliros va être difficile mais je crois surtout que le calvaire s'installera comme aujourd'hui entre Cauterets et Luz. Le ravito de Luz sera une délivrance qui me rapprochera un peu plus de l'arrivée.

Yaël - 29 juillet 2013
Association DES BORNES ET DES BOSSES

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